La ferme de Vialard hier et aujourd’hui.

 

C’est dans les années 90, qu’après des études techniques, je décide de suivre une formation maraichère et de culture sous serres. Rapidement la production de salade, tomates, courgettes remplace celle du tabac qui subit l’arrêt de la manne européenne.

La production de légumes se développe d’années en années.

Mes parents en leur temps s’étaient orientés vers la culture des asperges, des oignons et des échalotes, abandonnant veaux, vaches, cochons.

Ils avaient amorcé le tournant de la modernité.

Ma mère et mon grand-père m’avaient parlé de leurs souvenirs et de la vie de l’exploitation.

Aussi loin que les papiers nous le racontent, Pierre Dejamme, né en 1777 sous Louis XVI, alors que Lafayette combattait aux côtés de Georges Washington, et par la suite l’aïeul Cros, sous Louis Philippe, détenaient une petite exploitation.

Au gré des mariages la lignée Lesvignes et Boyer fit prospérer l’activité agricole. D’une propriété morcelée avec cinq ou six vaches, quelques cochons et un cheval de trait ils en ont fait, laborieusement, un bel ensemble. Les moutons agrémentaient la propriété, la vigne était prospère. N’y avait-il pas de quoi se réjouir des 75 barriques de vin qui garnissaient les caves de Vialard ? Hélas les cours s’effondrent au moment où les cuves, pressoirs et barriques sont à renouveler.

La vigne est arrachée, on ne gardera alors qu’une production familiale.

Et puis viennent les belles années d’après-guerre où le tracteur vient soulager la famille.

En 1955 c’est la construction de la grange en pierre. Les huit vaches installées dans leurs stalles n’eurent pas à souffrir l’année d’après, du gel centenaire. Elle abritera dans son immense grenier une partie des 80 000 pieds de tabac et les noix. Aujourd’hui, aménagée elle recèle les produits de l’association de producteurs.

Il ne me reste qu’à poursuivre l’œuvre d’une famille qui s’est toujours tournée vers l’avenir, la qualité et l’authenticité.

Thierry Boyer